Le mot de l’Ambassadeur Denis GAILLARD [es]

Le 21 septembre 2020

JPEG

Chers amis,

Au moment où nous célébrons l’arrivée du printemps bolivien, je forme des vœux pour que cette saison nouvelle soit pour nous tous, ici en Bolivie, un moment d’espoir, après la période particulièrement difficile que nous venons de traverser depuis l’arrivée de l’épidémie de coronavirus au mois de mars dernier.

Je sais combien ces très longues semaines ont été éprouvantes pour vous tous, notamment pour ceux d’entre vous dont les activités professionnelles ont été durement frappées, et je pense ici tout particulièrement aux métiers du tourisme et de la restauration.

Pour sa part, l’Ambassade de France a dû s’adapter aux contraintes du confinement et des règles de bio-sécurité, tout en remplissant les tâches urgentes qu’elle se devait d’accomplir au service du public.

C’est ainsi que nous avons dû gérer dans l’urgence le retour en France de plus de 450 touristes français bloqués dans différentes régions de Bolivie, à l’aide de deux vols spéciaux organisés par l’Ambassade de France mais aussi en ayant recours aux autres vols humanitaires progressivement mis en place par les compagnies aériennes.

Nous avons également mis en place une aide spéciale destinée aux Français résidents en difficulté pour cause de coronavirus, aide ponctuelle qui ne devait initialement être accordée qu’une seule fois par le Ministère français des affaires étrangères, mais qui vient d’être reconduite pour trois mensualités supplémentaires d’ici la fin de l’année, en cas de non amélioration de la situation.

L’accueil du public au Consulat a dû être temporairement suspendu, puis a repris avec un protocole de sécurité renforcé, et exclusivement sur rendez-vous.

Nous avons également veillé à mettre en place les visas pour les étudiants boliviens ayant prévu de poursuivre leurs études supérieures en France (80 environ), ainsi que pour la trentaine d’assistants boliviens de langue espagnole destinés à aller passer un an dans les établissements scolaires français.

Nos deux Lycées franco-boliviens de La Paz et de Santa Cruz, qui se sont vus dans l’obligation d’interrompre leurs cours en présentiel conformément aux consignes du Ministère bolivien de l’éducation, ont dû mettre en place du jour au lendemain un dispositif opérationnel d’enseignement à distance, et je tiens à rendre hommage aux enseignants qui sont parvenus en peu de temps à construire une offre éducative de qualité et à préserver un lien actif avec leurs élèves. Les écolages des deux Lycées ont été temporairement réduits pour tenir compte de la dégradation de la situation économique, les bourses aux élèves français de familles en difficulté ont été augmentées, et – à titre exceptionnel - l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) a mis en place des bourses destinées aux élèves boliviens issus de familles frappées par la crise.

Nos quatre Alliances françaises de Bolivie (La Paz, Santa Cruz, Cochabamba, Sucre) ont elles aussi réussi à sauter le pas de l’enseignement à distance, et je tiens à saluer leur travail car elles ont réussi à garder une bonne partie de leur public, et même à accroître celui-ci dans certaines villes : c’est ainsi que des étudiants de Potosi, de Tarija ou d’Oruro, qui n’avaient pas jusqu’ici accès aux Alliances, sont venus grossir l’effectif des apprenants de français boliviens.

S’agissant de la crise sanitaire et sociale, la France a également été au rendez-vous de la solidarité avec la Bolivie : un don de matériel médical de 1 M d’euros a pu être mis en place, en même temps qu’un prêt de 100 M de dollars proposé par l’Agence française de développement pour venir en aide aux populations vulnérables, à travers le financement de bons sociaux. Les frais initialement prévus pour la traditionnelle réception du 14 juillet ont été convertis an aide alimentaire pour des maisons de personnes âgées et des orphelinats de La Paz, Santa Cruz et Cochabamba.

En collaboration avec l’Alliance française, l’Ambassade de France a également apporté son soutien au monde de la culture, particulièrement affecté par la crise, en contribuant à l’organisation de manifestations artistiques en mode virtuel (Django Fest, Festijazz, Festival de cinéma Bolivia Lab, Fotofest, Danzénica…). Je vous rappelle que vous pouvez consulter la programmation de nos activités culturelles sur notre adresse facebook Agenda cultural-Francia en Bolivia

Enfin, nous avons soutenu cette année plusieurs organisations de la société civile bolivienne, en particulier dans la Chiquitania, pour accompagner la résilience économique et environnementale de cette région affectée en 2019 par d’importants incendies.

Dans un contexte sanitaire et social très tendu, cet hiver austral aura donc été bien chargé, mais l’année n’est pas encore finie… Nous sommes à présent dans l’attente des prochaines élections générales, plusieurs fois reportées en raison de la crise du coronavirus, et au terme desquelles il reviendra au peuple bolivien de faire le choix de ses dirigeants pour les 5 années qui viennent. Nous formons naturellement des vœux pour que ces élections puissent se dérouler dans le calme et dans la transparence, et qu’elles soient ainsi le grand rendez-vous démocratique dont ce pays a besoin. Quelle que soit l’issue de ce scrutin, la France restera aux côtés de la Bolivie pour l’aider à traverser les années qui viennent et qui s’annoncent difficiles, comme partout sur la planète malheureusement.

Malgré toutes ces incertitudes, je vous souhaite une bonne fin d’année 2020. N’oubliez surtout pas que l’épidémie reste active dans le pays et qu’il vous faut rester prudents, en vous protégeant et en protégeant les autres.

Cordialement,

Denis GAILLARD

Ambassadeur de France en Bolivie

publié le 24/09/2020

haut de la page