Les PISCCA, projets des sociétés civiles et coalitions d’acteurs [es]

Parce que les Organisations de la société civile constituent un maillon essentiel pour relever les grands défis de notre siècle, inégalités, réchauffement climatique, crises sanitaire, sociale ou économique, le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, MEAE, a mis en place un programme de soutien innovant pour financer des Projets des sociétés civiles et des coalitions d’acteurs, PISCCA.

Ces financements permettent de financer sous un format flexible des projets concrets d’appui à des ONG, associations, universités ou fondations sur des thématiques établies chaque année. Ils complètent les actions menées par notre coopération scientifique (institut de recherche pour le développement, IRD, Institut français d’études andines, IFEA, projets régionaux MATHS-AMSUD, BIOCHIMIE et CLIMAT-AMSUD) et par notre aide publique au développement de l’Agence française de développement, AFD, et il s’inscrit dans le cadre de stratégies multilatérales aux côtés de la Bolivie, comme par exemple l’Alliance pour la protection des forêts tropicales.

2019-2021 Deux axes de coopération, 8 projets

Valorisation des patrimoines tangibles et intangibles, insertion et développement durable

En 2019, quatre projets ont ainsi été retenus dans un projet général sur deux ans intitulé « Citoyennetés créatives et patrimoines dynamiques en Bolivie », destiné à consolider les actions de la société civile dans le domaine de la protection et la (re) valorisation des patrimoines tangibles et intangibles de la Bolivie (espaces urbains, traditions culinaires, patrimoine immobilier historique) tout en favorisant l’intégration et l’insertion des femmes et de jeunes issus de milieux défavorisés dans le monde professionnel.

Institutions bénéficiaires

Escuela Taller de Sucre
Centro cultural Martadero de Cochabamba
Escuela de cocina Manq’A de El Alto
Mouvement d´intégration Gastronomique Bolivien, MIGA, de La Paz

Résiliences économiques et écologique dans un contexte de crise environnementale

En 2020, quatre nouveaux projets ont également été retenus pour promouvoir la « Citoyenneté participative et les résiliences économique et écologique dans la Chiquitania bolivienne et dans la région paraguayenne de Canindeyu », qui visent à apporter une aide aux communautés de ces régions pour (re)mettre en valeur les patrimoines touristiques matériels (sites touristiques, capacités d’accueil communautaire, etc.) et immatériels (routes gastronomiques, festivals de musique baroque, etc.), tout en favorisant l’intégration et l’insertion des femmes et de jeunes issus de milieux défavorisés dans le monde professionnel, dans les régions affectés par les incendies ravageurs qui ont affecté plus de 5 millions d’hectares en Bolivie et au Paraguay en septembre 2019.

Institutions bénéficiaires

-  Département des sciences de l’environnement de l’Université catholique de Cochabamba
-  Fondation Moises Bertoni du Canindeyu, Paraguay
-  Centro de formación agropecuaria campesina, CEFAC, de la Chiquitaniabolivienne
-  Fondation Atenea de Santa Cruz de la Sierra

Quelques exemples d’actions 2019

Les Ateliers d’Acupuncture Urbaine du Centre cultural Martadero de Cochabamba

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Aménagement de la Plaza del Granado, avec vue sur le Convento de Santa Teresa. Cochabamba

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Le centre culturel Martadero, qui s’est installé dans les anciens abattoirs de la ville de Cochabamba, propose grâce au financement PISCCA de l’ambassade de France en Bolivie, des interventions urbaines présentées comme des « ateliers d’acupuncture urbaine ». En 2019, et malgré une crise politique grave dans le pays, des pièces de mobilier urbain ont été créées et installées, 400m2 de mural ont été réalisées, 32 points d’illumination et des garages à vélo ont équipé des zones centrales, et plusieurs espaces embellis, dont la place del Granado, grâce au travail artistique de femmes victimes de violence. Une véritable transformation urbaine réalisée par et pour les citoyens de la ville sous la conduite experte des spécialistes du centre culturel.

Les formations aux métiers de la rénovation des patrimoines de l’Ecole atelier de Sucre. Rénovation de la Chapelle de la Guadalupe, Cathédrale de Sucre

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Inauguration de la chapelle de la Guadalupe, Cathédrale de Sucre

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À Sucre, la capitale constitutionnelle du pays, l’Ecole atelier de Sucre forme depuis près de vingt ans maintenant aux métiers de la restauration du patrimoine des jeunes issus de milieux socio-économiques défavorisés et en décrochage scolaire. Ferronnerie, maçonnerie d’art, restauration de fresques et tableaux, la Escuela Taller de Sucre est ainsi devenue une référence incontournable dans la restauration de cette ville musée véritable pôle d’attraction touristique.

En finançant avec le projet PISCCA la formation de près de 60 jeunes, l’ETS a cette année pu assurer la rénovation complète de la chapelle de la Virgen de la Guadalupe adossée à la Cathédrale de Sucre. Un patrimoine en péril désormais protégé et embelli, et des jeunes qui peuvent être fiers de leur apprentissage.

L’étude et la promotion du patrimoine alimentaire régional, les formations techniques et professionnelles et l’aide à l’insertion de l’Ecole de cuisine MANQ’A

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Visite du chef étoilé Guilhem Sevin et de l’organisateur du festival franco-bolivien La Gourmandise à l’Ecole de cuisine MANQ’A de El Alto

L’école de gastronomie MANQ’A de la ville de El Alto forme depuis plusieurs années des jeunes hommes et des jeunes femmes issus de milieux défavorisés et en échec scolaire aux métiers de la gastronomie : travail avec des producteurs locaux avec mise en place de circuits courts de distribution, traçabilité et hygiène, nutrition et lutte contre le surpoids, valorisation des produits et recettes traditionnels, gestion et promotion d’un établissement, formation technique en cuisine…le curriculum de l’école MANQ’A permet aux jeunes qui en sortent de s’intégrer rapidement sur le marché du travail, à leur compte ou dans les meilleurs établissements du pays.
Grâce au projet PISCCA, plusieurs concours ont été réalisés et l’école a pu monter des rencontres valorisantes avec des chefs français.
La valorisation du patrimoine alimentaire, source d´identité et de développement du mouvement MIGA

Remise aux autorités de la ville de Tiwanaku du livre de recettes « Recetario milenario »

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Le mouvement d’intégration gastronomique bolivien propose depuis plusieurs années des actions destinées à promouvoir les patrimoines du pays : recettes, produits, talents, circuits touristiques. Chaque projet y est conçu pour appuyer des communautés vulnérables et des patrimoines en voie de disparition.

Grâce au projet PISCCA, un TAMBO, rassemblement traditionnel dans la culture andine, national a rassemblé des cuisiniers, producteurs, distributeurs et transformateurs. Puis l’étude et l’édition d’un ouvrage sur les recettes traditionnelles et contemporaines du prestigieux site archéologique de Tiwanaku, haut lieu de l’archéologie andine, en collaboration avec des archéologues français soutenus par la coopération française.

Équité de genre et développement

Conformément aux engagements du Président de la République française, M. Emmanuel Macron, les projets PISCCA ont à cœur de participer à la réduction de la pauvreté et de la vulnérabilité en s’appuyant sur l’engagement des femmes et la réduction des inégalités de genre.

Chaque projet inclut donc une ligne particulière de financement qui permet la mise en place d’actions concrètes destinées à faciliter l’intégration des femmes : appui à une association d’artistes mosaïstes femmes victimes de violences à Cochabamba, promotions à stricte équité de nombre femmes/hommes à Sucre, ateliers destinés à des femmes de communautés vulnérables pour monter des commerces individuels à El Alto ou à Tiwanaku,…

publié le 22/09/2020

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